In memoriam

samedi 8 mai 2010
par  Nzolani

Le lundi 7 septembre 2009, Antoine Sungamena Sami N’Dotoni dit Morgado nous quittait.
A travers cet hommage, nous pensons aussi à tous ceux qui ont perdu des êtres chers.


Né à Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa, le 4 janvier 1936. Fils de Diantantu Daniel et Tetidio Thérèse, Antoine Sungamena a commencé ses études à l’école primaire Saint-Pierre de la commune de Kinshasa, sur la rue Kongolo. Il les a poursuivi au collège Sainte Anne avant finir à l’école moyenne Saint Raphaël (Ecomoraph). Cette école était située non loin du Stade Tata Raphaël, nom donné en hommage à son bâtisseur : le Révérend Père Belge Raphaël de la Kethulle de Ryhove (1890 – 1956), connu à Kinshasa sous le nom de Tata Raphaël. Ce prêtre catholique était aussi leur directeur d’école. Parmi les collègues d’école de Papa, nous pouvons citer Léon Bombolo Lokolé dit Bolhen, Hubert Diyunga dit Djeskin, Denis Ilosono, Roger Izeidi, Kibabu Madiata Nzau, André Boboliko lokonga etc. Ils avaient parmi leurs professeurs un certain Jean Bolikango (Kinshasa, RDC le 4 février 1909 - Liège, en Belgique le 17 février 1982), le futur candidat malheureux en 1960 aux premières élections présidentielles au Congo Léopoldville face à Joseph Kasa-Vubu, le leader de l’Abako.
Après ses études, comme Bolhen son ami de l’école, Papa Sungamena travaillait dans la société Otraco, l’actuel Onatra. Il fut employé en 1953 au service d’exploitation du port public durant 6 mois.
Cette même année, il s’occupa un moment donné des ventes à tempérament, autrement dit des crédits, à la Banque Belge d’Afrique (BBA).
Lorsqu’il quitta cette banque créée à l’initiative de la Banque Bruxelles Lambert en 1920, il devint secrétaire de rédaction du journal Congo. C’est Jean-Jacques Kande qui était l’éditorialiste et directeur de ce journal à tendance indépendantiste. Les frères Philippe et Thomas Kanza associés à Mathieu Ekatu en étaient des rédacteurs. Philippe Kanza, son collègue dans le journal, lui proposa de prendre contact avec un certain Kashama dit le Vieux Cassien, ce dernier ayant besoin d’un comptable.
C’est ainsi que Papa se retrouva à faire de la comptabilité de « Ok-bar », le célèbre bar dancing où fut créé en juin 1956 l’orchestre Ok-jazz qui deviendra quelques années plus tard le « Tout-puissant Ok-Jazz » du Grand maître Franco Luambo Makiadi.
En 1959, son ami Augustin Massamba, le mécanographe se retrouva dans un bureau de la compagnie aérienne « Air Brousse » à Ndolo près de la commune de Kinshasa. Pendant qu’il réparait des machines à écrire, il entendit une conversation à propos de cette société qui aurait besoin d’embaucher pour son service commercial. Après son travail, Augustin Massamba alla informer Papa Antoine de ce qu’il avait entendu dans le bureau de « Air Brousse ». Ces deux amis se voyaient très souvent. Les parents d’Augustin habitaient deux propriétés plus loin sur la même rue que Papa Antoine. Sans plus tarder, ce dernier alla postuler dans cette société qui avait son bureau dans l’enceinte même de l’aérodrome de Ndolo. Arrivé sur place, il y avait déjà un candidat qui passait des tests. Il fallait qu’il attende. Comme cette personne n’arrivait toujours pas à finir ses épreuves, les recruteurs décidèrent que Papa commence tout de même à faire des tests pour évaluer ses aptitudes à exercer au poste à pourvoir. Il n’eut pas de mal à le faire. Il fini plus tôt que prévu mais la personne qui le précédait y était encore. Le résultat était satisfaisant. C’est lui qui fut retenu. C’est ainsi que Papa Antoine commença à travailler dans l’univers de l’aviation. Il avait en charge l’exploitation, la billetterie et le fret. Il devint même chef d’escale adjoint à l’aérodrome de Ndolo. C’est à cette époque qu’il fit la connaissance de Georges Kele dit Gekélé, un homme d’affaire congolais et ancien député de la circonscription de Boma dans la province du Kongo-central
Nous avons encore le souvenir des quelques jours de vacances passées avec toute la famille dans sa grande propriété de Boma sur le bord de la rivière Kalamu. Notre petite famille ne comptait que trois enfants Serge, José et Yvette. Notre sœur était encore à l’âge de la poussette.
Papa quitta Air Brousse en 1963 en pleine période des troubles armées à l’intérieur du pays. Comme cette compagnie aérienne avait cessé toutes activités au Congo, Papa se retrouva dans la compagnie aérienne nationale « Air-Congo ». Il y restera plusieurs décennies. Parmi ses collègues de travail au service commercial d’Air-Congo, devenu depuis 1971 Air-Zaïre, nous pouvons citer Dave Mpeti Mpeya connu sous son nom de scène Mongobo, le comédien et humoriste. C’est ce dernier qui présenta son fils aîné Serge à Maître Liyolo pour son admission à l’Institut des Beaux-Arts de la commune de Gombe à Kinshasa.
Marié depuis le 28 juin 1959 à Madeleine MBWENDE Nzolani, fille de Alphonse Nzolani et de Thérèse Bole, ils ont eu 7 enfants.
Nicole dite Fifi
Nicole nous a malheureusement quitté depuis le 31 décembre 2008 à midi.
Papa Antoine Sungamena ne s’est plus remarié depuis le décès de maman à Nkamba dans le Kongo-central le 20 août 2003.
6 ans après son épouse, c’est lui qui nous a quitté à son tour. A la sortie de la chambre funéraire de l’hôpital général de Kinshasa (ex Mama Yemo), le même où il est né 73 ans plus tôt, sa dépouille mortelle a fait une escale de quelques minutes devant les établissements « Malembe-Malembe » qu’il a hérité de son père, lieu qu’il affectionnait tant sur la rue Kabalo dans la commune de Lingwala.
Il se repose depuis le dimanche 13 septembre à côté de ses parents à Nseka, un village situé à quelques kilomètres de Nkamba, la ville sainte des Kimbanguistes, dans le Kongo central.
Serge DIANTANTU et José NZOLANI

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